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textes et documents Le sacrement du pardon (23 mars 2010) Comment trouver des alternatives au désespoir? Le suicide chez les ainés. (18 nov 2009) Comment avons-nous pu tomber aussi bas? (10 oct 2009) Faut-il tuer mémère? (ajouté le 10 oct 2009) Le dialogue, au sens strict, entre les religions est impossible (26 août 2009) Les enfants et le combat admirable de leur foi. (16 août 2009) L'identité chrétienne en danger? Non. Perte du sens religieux? Oui. (16 août 2009) La foi tournée en dérision? Ironie contre Benoît XVI (16 août 2009) Une semaine normale de curé (26 août 2009) |
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Le sacrement du pardon Un admirable confrère prêtre, avec plus de 40 ans de ministère, m'expliquait sa conception du sacrement du pardon. Cela tient en deux phrases. Jésus a de la joie à pardonner. Il faut se confesser pour donner de la joie à Jésus. Je résume sa pensée. Les chrétiens ne vont pas confesser leurs péchés parce qu'ils pensent ainsi aller voir un docteur qui les opérera. C'est pourquoi ils retardent le plus possible ou ils se présentent en désespoir de cause, sans aucune espérance de guérison. En fait, ils sont enfermés sur eux-mêmes, isolés. Ils se disent, ou bien ce n'est pas grave, on peut vivre avec; ou bien c'est grave et on ne peut s'en sortir. Au contraire, le pardon sacramentel est une démarche qui s'inscrit dans la joie d'être pardonné par Jésus. Pardonné d'une grande et grave imperfection qui nous éloigne de Lui, du mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. ‘uvre du Père. Dans la joie de recevoir le pardon par le mystère de l'Église. ‘uvre du Fils. Et dans la joie de poursuivre le combat des fils de Dieu dans le monde. ‘uvre de l'Esprit. Oui, c'est une démarche trinitaire du moi face à l'absolue justice de Dieu, face à la grâce incarnée du corps du Christ et face à la force de l'Esprit dans le monde dominé par le péché. Face à Dieu, le pécheur s'abandonne comme le Christ sur la Croix. Face au Corps, il avoue et regrette sa désertion, sa désaffection. Face au monde, il témoigne de la réalité de l'Homme nouveau animée d'une charité nouvelle. L'état de pécheur n'est pas une anomalie ou une fatalité dans le catholicisme. C'est l'état d'imperfection naturelle, conséquence du péché originel, qui appelle le perfectionnement surnaturel sans relâche. Si nous étions parfaits, Dieu serait superflu. À mon sens, l'agnostique a raison de se passer de Dieu. Il a une trop haute opinion de lui-même. Comme il n'y a qu'un seul Dieu, il se choisit lui-même. L'agnostique est un sous-produit du christianisme. Le pécheur, quant à lui, ne peut pas se passer de Dieu. L'imperfection humaine offre à Jésus l'occasion de vivre la joie de pardonner. Le chrétien qui se croit parfait ou presque parfait, celui qui se croit débarrassé de ses imperfections, court le risque de tomber dans un piège imprévu. C'est ce que nous rappelle Paul dans la première lettre aux Corinthien 10,12: «Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber.» Il n'est donc pas surprenant d'apprendre que de nombreux chrétiens, apparemment solides, se retrouvent accusés publiquement de pratiques criminelles. Ils ont sous-évalué leur état d'imperfection et ils n'ont pas pris les moyens de donner à Jésus la joie de leur remettre leurs fautes qu'ils ne voyaient pas ou qu'ils jugeaient de peu d'importance. Jésus l'a pourtant assez dit et redit que le seul désir de commettre l'adultère est un véritable acte d'adultère, qu'il faut se tourner la langue sept fois dans la bouche avant de parler, que si notre pied nous entraîne au péché, qu'il vaut mieux le couperŠ Tout l'Évangile est un appel vibrant et pressant à la conversion. Le sacrement du pardon n'est pas, loin de là, une quête désespérée de perfectionnement morbide de soi. C'est la tendresse de la pécheresse qui essuie de ses cheveux les pieds de Jésus. Peut-on avoir plus belle image d'intimité entre l'homme et Dieu: l'humilité du pécheur devant l'Amour lui-même et l'Amour qui relève le pécheur de sa déchéance et l'élève à ses côtés. Le catholicisme est une religion à mystères dont le centre est la crucifixion de Jésus et sa résurrection d'entre les morts. Je veux dire que Dieu s'est totalement révélé en Jésus pour nous, pour notre relèvement et notre perfectionnement. Le sacrement du pardon nous fait entrer progressivement dans la connaissance du projet de Dieu. Le mot mystère désigne en fait notre progression dans l'intimité avec Dieu. Se confesser est comparable à celui qui prend rendez-vous auprès d'un oculiste parce qu'il voit mal. L'oculiste est un ministre qui administre une ordonnance grâce à la Science qui rend possible la guérison. Le sacrement du pardon est la science de l'Amour. retour |